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quebecor world

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1 quebecor world le Mer 23 Jan - 14:38

Quebecor World demandait hier la protection contre les créanciers en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) au Canada et du chapitre 11 du Bankruptcy Code des États-Unis. Cette décision soulève plusieurs questions: Quelles sont les implications à court terme? Pourquoi Quebecor World en est-il rendu là? Quel est son avenir?

Implications à court terme



Le recours à LACC donne à la direction de Quebecor World un temps de répit pour continuer la restructuration de l'entreprise. Sinon, Quebecor World risquait d'être emporté dans une spirale de liquidation, les clients et fournisseurs stoppant leurs transactions, les employés quittant avant d'être mis à pieds, etc.

Sous la supervision du tribunal, la direction devra maintenant préparer un plan de restructuration, à être approuvé par les créanciers. Le tribunal nommera également un contrôleur des affaires et des finances. Les actionnaires de Quebecor World, incluant Quebecor Inc., ont perdu le contrôle. D'ailleurs, Quebecor Inc. a demandé que Quebecor World modifie son nom et y enlève toute référence à Quebecor.

Pourquoi World en est rendu là?

Si l'incapacité de Quebecor World de rembourser des dettes a précipité le recours à la LACC, des causes plus fondamentales minaient ses finances. Premièrement, depuis 2002, Quebecor World a connu cinq PDG. De même, la direction de la division Amérique du Nord, la plus importante de l'entreprise, ainsi que la direction financière ont connu de nombreux changements. Un tel roulement n'a pu qu'affaiblir l'entreprise et démotiver les employés. Deuxièmement, de 2001 à 2006, les activités internationales de l'entreprise ont affiché des pertes cumulatives dépassant 300 millions US sur des actifs excédant 1 milliard, en plus de drainer près de 250 millions de liquidités pour des nouvelles immobilisations. Troisièmement, durant la même période, Quebecor World a versé 400 millions de dividendes à ses actionnaires ordinaires, dont environ 136 millions ont été reçus par Quebecor. En plus, Quebecor World a déboursé environ 400 millions pour racheter ses actions, ce qui a permis à Quebecor de conserver sa participation dans Quebecor World au même niveau malgré sa vente de plus de neuf millions d'actions pour 320 millions CAN. Enfin, Quebecor World a sous-investi dans ses activités nord-américaines, se laissant dépasser par des concurrents tels que R.R. Donnelley.

Le contraste dans les performances des deux entreprises depuis 2002 est saisissant, R.R. Donnelley amorçant alors un redressement substantiel qui a vu son titre doubler. En l'espace de cinq ans, le chiffre d'affaires de R.R. Donnelley est passé de 4,2 à 9,3 milliards US et son bénéfice de 142 millions à 400 millions, alors que le chiffre d'affaires de Quebecor World stagnait aux alentours de 6 milliards US. Fait cocasse, le PDG actuel de R.R. Donnelley a déjà travaillé pour Quebecor World.



Quel avenir?



Les bénéfices d'exploitation couvrent à peine les charges financières et les flux de trésorerie sont négatifs. Il n'y a donc aucun jeu pour rembourser 2,3 milliards de dettes, faire face à un déficit des caisses de retraite avoisinant 400 millions et investir dans les activités nord-américaines afin de contrer les pressions de concurrents en bonne santé financière. Les expériences d'Air Canada et de Stelco sont révélatrices: il est fort probable que les actionnaires perdront tout, la valeur de l'entreprise étant inférieure à ses dettes.

Les créanciers non garantis (essentiellement des fournisseurs) font face à des pertes importantes, le fonds de roulement étant fortement négatif. Ainsi, les créanciers non garantis d'Air Canada avaient perdu plus de 90% du montant de leur créance. Compte tenu de la situation financière critique de plusieurs producteurs de papier, une telle offre risque de susciter bien des réactions.

Pour les créanciers garantis, le modèle d'affaires de Quebecor World s'est avéré un échec d'intégration. Avec la crise des prêts à risque, les banques ont présentement bien d'autres chats à fouetter. La perspective d'une longue restructuration, avec les risques qui y sont associés, doit les préoccuper. Seront-elles favorables à un plan de restructuration, proposé par la direction, qui conserve l'entreprise intacte et les transforme en actionnaires? Rien n'est moins sûr, le lien de confiance avec la direction actuelle de l'entreprise étant probablement bien amoché.

De plus, contrairement à Air Canada ou à Stelco, dont les actifs étaient étroitement intégrés, Quebecor World représente un réseau d'usines semi-autonomes. À mon avis, il est probable qu'elles soient plutôt favorables à un fractionnement de l'entreprise et à la vente de ses actifs à des acquéreurs stratégiques ou à des fonds de redressement. Toutefois, la vente en bloc à R.R. Donnelley soulèverait des questions d'entraves à la concurrence et m'apparaît problématique. Pour les employés, les prochains mois seront éprouvants et on peut s'attendre à la fermeture de plusieurs unités.

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